Lichtsteiner : "Ambitieux mais réaliste"

May 15, 2008
By Benjamin Adler

La Suisse accueille le gratin européen pour "son" Euro. Une belle récompense pour une "Nati" révélée à la face du globe lors du Mondial allemand en 2006. La pression sera énorme sur les épaules des Helvètes. Le défenseur Stephan Litchtsteiner, brillant avec Lille cette saison, évoque l'échéance avant le lever de rideau. En exclusivité pour ESPNSoccernet.

GettyImages"Il y a une grosse attente, la pression est énorme."

Stephan, la Suisse va jouer à domicile, un facteur important. C'est aussi le dernier rendez-vous de Jakob Kuhn à la tête de l'équipe. Ces deux données peuvent-elles peser ?
Bien sûr que ça a une influence, mais il faut rester concentré et travailler. Car on a une belle équipe, la préparation ne devait pas être ratée, il faut tout mettre de notre côté pour exprimer au maxium notre potentiel.

Le peuple suisse espère beaucoup après la performance en Coupe du Monde. Est-ce vraiment un atout ?
Il y a une grosse attente, la pression est énorme. Nous on veut gagner cet Euro, c'est clair. Mais il faut aussi être réaliste, une telle compétition se joue sur des détails. Il faudrait que tout aille en notre faveur, y compris la réussite. Et ça c'est un élément qu'on ne contrôle pas forcément.

Serait-il souhaitable que l'équipe s'isole des médias et des supporteurs, comme le font souvent les nations hôtes lors des grands tournois ?
La presse ne me dérange pas dans ma concentration, si tout est bien organisé.

GettyImages"Notre bloc équipe est solide, il y a une grosse solidarité et on a des joueurs qui peuvent faire la différence inviduellement."

Les matches amicaux n'ont pas en 2007 été franchement convaincants. Quand Alexander Frei n'est pas là, l'équipe semble offensivement en panne. Est-ce inquiétant ?
Frei est important mais on peut marquer sans lui. Nos derniers matches n'ont pas été terribles mais c'était pas trop mal quand même. Contre l'Allemagne par exemple, on prend une giffle mais sur le fond y'avait des choses intéressantes. Il est difficile de dire maintenant, avant le premier match, dans quelle forme on sera. On verra le jour J.

Quand il va arriver ce fameux jour J, quel impact aura eu la préparation mentale ?
C'est mon premier gros tournoi, je ne peux pas franchement répondre. Ce que je sais en revanche, c'est que l'expérience sera belle. La pression, elle est toujours là, faut apprendre à vivre avec. Le football c'est ma passion et jouer un Euro, chez moi en Suisse, il n'y a pas plus beau. Donc c'est que du bonheur.

"Les critiques on s'en moque"

La Suisse est réputée pour faire mal jouer ses adversaires. Qu'est-ce qui rend cette équipe si solide ? Et n'êtes-vous pas frustré de n'être réduit qu'à cette image ?
Notre bloc équipe est solide, il y a une grosse solidarité et on a des joueurs qui peuvent faire la différence inviduellement. Je m'en fous de ce que pensent les autres, qu'on nous batte d'abord et après on pourra parler. Les critiques, vraiment on s'en moque, on reste concentré sur nous-mêmes. On sait ce qu'on peut faire.

GettyImages

Jakob Kuhn va diriger ses derniers matches comme sélectionneur, il laisse derrière lui une empreinte énorme. Que ressentez-vous pour celui qui vous a donné votre chance ?
Il a fait un boulot extraordinaire, on est fier de lui et il peut l'être de lui-même.

Il parait distant et froid avec ses joueurs d'extérieur. On se trompe ?
Oui. Il est proche des joueurs, il leur laisse une certain espace d'expression, de la liberté. Il a beaucoup de respect pour nous et je peux vous dire que c'est réciproque.

Avez-vous des attentes particulières pour vous-même ?
Le groupe c'est le plus important. On est la Suisse, on ne peut pas se permettre de jouer chacun pour soi, il faut laisser les points individuels à la maison.

Kuhn est-il venu vous voir cette saison à Lille ? Votre présence dans les 23 ne doit pas être pour vous une surprise a priori ?
Il n'est jamais venu mais son adjoint oui, deux, trois fois. On a longtemps discuté à chaque fois. C'est un rêve pour moi d'être là, c'est aussi l'accomplissement de trois années de travail en club. Là je suis récompensé pour ma belle saison.

En tant que défenseur, la rencontre face au Portugal et ses stars offensives c'est un match qu'on attend plus que les autres ?
La Turquie et la République tchèque sont aussi des belles équipes. Le Portugal a peut être plus de grands noms et de joueurs d'expérience, mais chaque match vaudra son pesant d'or. Dans un Euro, tu ne peux pas te permettre de ne pas prendre match après match.

Vous ne craignez pas une lassitude physique, car vous n'avez pas eu de coupure entre la Ligue 1 et le début du stage ?
La saison a été longue, je n'ai pas eu de vacances en effet. Mais on va aller chercher les ressources, c'est trop beau comme évènement pour ne pas tout donner. On se reposera après.

Quel est votre plus beau souvenir en sélection ?
C'est ma première sélection, en amical contre le Brésil. J'étais titulaire.